J6 : l'OM avantagé à Troyes, Monaco encore pénalisé par l'arbitrage
Par David Vautrin, fondateur de CheckVAR · 16 octobre 2026
À Troyes, un pied haut non sanctionné et un penalty jugé sévère pèsent environ 1,2 point en faveur de l'OM. À Lens, une touche mal placée précède l'ouverture du score, et Monaco reste le club le plus pénalisé de la saison.
Onzième minute à Troyes. Himad Abdelli lève le pied très haut face à Iron Gomis. L'arbitre siffle la faute, ne sort aucun carton, et le jeu repart. Au ralenti, l'image est nettement moins confortable.
Les décisions litigieuses de Troyes-OM valent environ 1,2 point pour l'OM et coûtent environ 0,9 point à Troyes. Aucun club n'a autant profité de l'arbitrage ce week-end.
Le pied d'Abdelli, en zone grise
Lisons l'action comme un arbitre. La Loi 12 sanctionne comme faute grossière une intervention qui met en danger l'intégrité physique de l'adversaire. La hauteur du pied et le risque créé peuvent faire basculer l'action dans cette catégorie. C'est l'avis d'Adil Rami, consultant sur Ligue 1+, pour qui ça méritait rouge. Mais il faut regarder la suite du geste. Abdelli tente de retenir son pied quand il voit le joueur troyen, et sa semelle ne touche pas le visage de Gomis.
Notre panel estime que le rouge aurait pu être sorti, parce que le geste est dangereux et pas maîtrisé. Il retient 45 % de probabilité d'erreur. Nous sommes dans la zone grise. L'arbitre qui garde son rouge en poche ne commet pas d'erreur manifeste, mais il prend un risque.
La fin de match a alourdi l'addition. À la 90+6e, penalty pour l'OM. Au ralenti, l'attaquant commence à tomber avant le contact avec les gants du gardien. Le contact est très léger et le ballon semblait de toute façon perdu pour lui. Pour nos arbitres, le penalty est sévère : 40 %. Il est transformé.
Trois minutes plus tôt, un joueur troyen rate sa passe en retrait vers son gardien, puis retouche le ballon pour éviter qu'un attaquant de l'OM file seul au but. Coup franc indirect dans la surface. Pas de rouge possible. La double touche est une infraction technique de la Loi 13, punie d'un coup franc indirect, et le rouge pour occasion manifeste annihilée exige une faute contre un adversaire. Il n'y en a pas.
Sur la saison, l'OM est avantagé d'environ 0,9 point : 6 points réels, 5,1 au classement corrigé. Troyes a perdu environ 0,9 point depuis le début de la saison, le troisième total le plus lourd du championnat.
À Lens, une touche jouée au mauvais endroit
36e minute de Lens-OL. Lens ouvre le score sur une action partie d'une touche, jouée bien plus haut que l'endroit où le ballon est sorti. L'angle ne permet pas de mesurer l'écart précisément. On voit quand même que le joueur de l'OL est plus proche de la ligne de touche que le point de chute du ballon. La remise en jeu aurait sans doute dû se faire une dizaine de mètres plus bas.
L'arbitre aurait dû l'arrêter et la faire effectuer au bon endroit. Côté OL, personne ne réclame. Toute la difficulté est de fixer la limite : à deux mètres de l'endroit de sortie, on laisse jouer ou pas ? Nos arbitres admettent qu'il en faut une, et qu'elle n'a rien d'évident. Comme ce type d'infraction est rarement sifflé, nous avons pondéré. Résultat : 50 %. Une zone grise, au sens propre.
Le reste du match a ses images discutées, qui tiennent mal à l'analyse. À la 35e, une partie des supporters de l'OL a vu un coude d'Odsonne Édouard dans le visage de Félix Bacher. Image par image, pas de coude : le bras et le dos de l'épaule pour prendre la position, peut-être l'épaule sur le menton, rien de volontaire. Nos deux arbitres donnent 0 % et 10 %.
Les décisions de ce match valent environ 0,9 point pour Lens et coûtent environ 0,7 point à l'OL. Sur la saison, Lens est avantagé d'environ 0,6 point. 10e au classement officiel, il tombe au 12e rang du classement corrigé, dépassé par Angers et Auxerre.
Monaco perd encore, Auxerre remonte
Le nul de Monaco face à Toulouse (2-2) tient en partie à deux accrochages. À la 47e, sur corner, Nazinho est sanctionné pour une intervention sur McKenzie. Penalty pour Toulouse, transformé. L'accrochage semble léger, mais Nazinho est en retard et ne regarde pas le ballon : 35 %. À la 62e, Balogun est bloqué par un défenseur toulousain qui ne regarde pas davantage le ballon. Rien n'est sifflé, alors que ça pouvait l'être : 35 % aussi. Seule vraie différence, le centre n'était pas encore parti. Je trouve les deux actions bien plus proches que les deux décisions.
Bilan : environ 0,9 point perdu pour Monaco, environ 0,5 point gagné pour Toulouse. Sur la saison, Toulouse est avantagé d'environ 1 point et ne compte que 5 points au classement corrigé, pour 6 réels.
Auxerre n'a connu aucune décision litigieuse tranchée lors de sa défaite à Rennes (4-1). Il est pourtant 16e au classement officiel et 11e au classement corrigé. Deux raisons. Pénalisé d'environ 0,6 point sur la saison, il récupère ces points. Et les clubs autour de lui ont été avantagés : Lens, Strasbourg, Le Mans, l'OM et Toulouse perdent des points au classement corrigé et passent derrière lui.
Le PSG passe de la 6e place officielle à la 4e au classement corrigé, devant l'OL et le Paris FC. L'arbitrage du week-end n'y ajoute rien, l'impact des décisions face au Mans étant nul. Sur la saison, le PSG récupère environ 1,1 point. Le Paris FC, battu à Lorient dans un match sans décision litigieuse tranchée, glisse de la 2e à la 6e place du classement corrigé.
Le détail match par match est dans le récap de la 6e journée. À la 7e journée, nous regarderons d'abord Monaco, qui a déjà perdu environ 1,8 point à cause de l'arbitrage depuis le début de la saison. Aucun club n'en a perdu plus.