OL-Nice et Strasbourg-PSG : deux erreurs nettes, aucun point perdu
Par David Vautrin, fondateur de CheckVAR · 22 octobre 2026 · mis à jour le 23 octobre 2026
Le penalty non sifflé pour l'OL contre Nice et le rouge épargné à Mitchell à Strasbourg sont les deux erreurs les plus nettes de la 7e journée selon notre panel. Elles ne coûtent aucun point, et Monaco, battu à Lorient, prend la tête du classement corrigé.
45e+3, OL-Nice. Boudache s'engouffre dans la surface niçoise, le ballon file, il tombe. L'arbitre laisse jouer.
Au ralenti, on compte deux contacts. Le premier touche le tibia gauche du joueur de l'OL. Il est léger et nos deux arbitres l'écartent. C'est sans doute lui qui donne l'impression que Boudache va chercher la faute. Ce n'est pas le cas. Le second contact change tout. Le ballon est déjà passé quand le défenseur niçois place sa jambe gauche complètement devant le corps de Boudache. Il ne touche jamais le ballon. Il lui barre la route.
Pour l'un de nos arbitres, c'est précisément ce qui rend le geste répréhensible. Pour l'autre, le penalty était « clairement attendu ». Notre panel retient 75 % de probabilité d'erreur. Je penche nettement pour le penalty.
Le défenseur niçois était déjà averti. Penalty sifflé, devait-il sortir ? Les lois du jeu prévoient un jaune pour qui stoppe une attaque prometteuse, sauf si l'arbitre accorde un penalty pour une faute où le joueur a tenté de jouer le ballon ou d'en disputer la possession. L'attaque était prometteuse. Mais sur un contact au niveau du bas du corps, les arbitres considèrent en général que le défenseur tente de jouer le ballon. C'est aussi notre lecture. Penalty, oui. Second jaune, non.
L'OL gagne quand même 2-1. Impact nul sur le résultat, pour lui comme pour Nice. Le reste du match OL-Nice tient mieux la route. Nos arbitres valident le rouge de Keito Nakamura, semelle appuyée sur l'abdomen d'un Niçois en arrivant lancé, pied en l'air. Ils valident aussi le but niçois refusé à la 90e+3 : le révélateur diffusé ne prenait pas le bon repère, mais en replaçant les lignes avec notre outil, le hors-jeu demeure.
89e à Strasbourg, le rouge qui manque
Même pourcentage à Strasbourg, même absence de conséquence au score. En fin de match, Mitchell tacle Akliouche. Il touche le ballon, puis ses crampons finissent sur la cheville du joueur du PSG, vers la zone du tendon d'Achille. La semelle n'est pas vraiment haute. Mais on voit la cheville tourner.
Le réflexe, c'est de dire qu'il a joué le ballon. Ça ne suffit pas. Toucher le ballon d'abord ne protège pas de ce qui arrive ensuite à l'adversaire. Ici, le tacle part vite, avec beaucoup d'engagement, et le contact sur la cheville est franc. C'est dangereux. Nos arbitres attendaient le rouge : 75 % de probabilité d'erreur.
À la 70e, la VAR avait appelé l'arbitre pour une main strasbourgeoise dans la surface, bras levé au-dessus de la tête. Le défenseur veut se protéger le visage, sa main reste proche de sa tête, et on peut se demander si le ballon n'allait pas de toute façon sur elle. Notre panel ne tergiverse pas. Position non naturelle qui agrandit la surface corporelle : penalty sans débat. Le PSG s'impose 3-1, impact nul là encore.
Monaco premier sans rien gagner ce week-end
Le paradoxe de la journée se trouve à Lorient. Monaco y perd 1-0 et prend pourtant la tête de notre classement corrigé.
Le penalty sifflé à la 60e a été contesté par de nombreux Monégasques, persuadés que la faute avait lieu hors de la surface. J'ai ralenti la vidéo au maximum. Nazinho continue de pousser de l'avant-bras dans le dos de Sylla au-dessus de la ligne, et la ligne fait partie de la surface. Le contact au niveau des jambes pourrait lui aussi se situer sur la ligne. Avec ces images, impossible d'en être certain.
Le carton donne un indice. L'arbitre ne sort qu'un jaune. Sur un penalty qui annule une occasion de but manifeste, le jaune remplace le rouge si la faute est commise en tentant de jouer le ballon ou d'en disputer la possession. C'est donc vraisemblablement le contact aux jambes qui a été sanctionné. Si la poussée dans le dos avait été retenue, et je l'assimile à un tirage de maillot, le rouge s'imposait. Nos deux arbitres valident le penalty, chacun repérant au moins un contact sur la ligne. Nous restons à 5 %.
Ce match ne coûte donc rien à Monaco au classement corrigé. Ce qui le place en tête, c'est sa saison : -1,8 point, le club le plus pénalisé selon nos estimations. Cinq clubs comptent 14 points réels. Monaco passe devant les quatre autres parce qu'il récupère davantage et monte à 15,8 points corrigés. Le PSG récupère 1,1 point et l'OL 0,8. Le Paris FC, lui, n'en récupère que 0,5. Lille fait le chemin inverse : avantagé par l'arbitrage depuis le début de la saison, il perd 0,8 point et tombe à 13,2.
L'OL, leader du classement officiel, n'a rien gagné ni perdu ce week-end. Il recule au 3e rang corrigé parce que Monaco et le PSG, plus pénalisés que lui sur la saison, récupèrent plus de points.
Rennes glisse de la 2e à la 6e place corrigée après sa défaite 4-3 face au Paris FC, un match qui ne pèse pas sur ses points corrigés. Le seul vrai point d'interrogation de la soirée est le possible second jaune de Thomasson à la 42e, pour antijeu. 45 %, une zone grise : nos deux arbitres ne sont pas d'accord. Nice recule aussi, de la 7e à la 11e place, sans que l'arbitrage de son match contre l'OL y soit pour quelque chose.
Plus bas, l'OM, avantagé de 0,9 point sur la saison, perd ces points au classement corrigé et tombe de la 9e à la 12e place. Auxerre, pénalisé de 0,5 point, monte de la 12e place officielle à la 8e. Le détail de chaque décision est dans le récap de la 7e journée.
Au classement officiel, Monaco est cinquième. Au nôtre, il est premier avec 15,8 points.
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